La Princesse & Les Grenouilles

Et un jour on t’appelle en te disant : « Faudrait que tu croises Clotilde Courau ! ».

J’ai toujours été fan de cette fille là. La copine d’Elisa dans le film de Becker, l’appât, la fiancée du Poulpe, la mère de la Môme, Irma La Douce, etc. Donc sans avoir la pression, mais en y allant quand même avec des baskets bien lacées, on se croise un lundi matin dans le 17ème. Clotilde veut chanter. Depuis longtemps. D’ailleurs, elle chante depuis toujours. Elle aime bien une de mes chansons et voudrait l’essayer. Alors on parle musique, de rap west coast, de Nina Simone, des NTM, des Stones (bon, je ne suis pas un fan ultime mais je fais bonne figure). Elle portait des Ugg, je crois.

Clotilde a un truc particulier, c’est qu’elle se fout de faire un disque pour le moment. Elle veut surtout monter sur scène. Chanter ses propres chansons. Son univers. Ses musiciens. Sa voix. Raconter des histoires qui la touche. Qui nous touchent. Elle aime la route. Elle veut venir vous voir.

On a passé de longues heures à parler d’elle, des siens, du monde. Et puis j’ai commencé à écrire. J’ai un peu mis les balles dans le filet, dans les bâches BNP, les gradins. Il a fallu un peu de temps pour se caler sur la même fréquence hertzienne. Et puis c’est parti.

Le grand poète du début du 21ème siècle, Pierre-Dominique Burgaud nous a rejoint rapidement sur cette coquille de noix. Et le répertoire a commencé à prendre forme sous la haute autorité (et les grands yeux) de Clotilde.

Ca fait bientôt un an que nous nous sommes rencontrés. Aujourd’hui la chanteuse est en ville, elle répète… des histoires de petites Tour Eiffel prisonnières, de vendeuses de violettes dans la rue du Ranelagh ; de fausses notes et d’Erik Satie, de belles et de belles qui s’amusent entre elles, de pendus hirsutes, de transistors et de Miss locales.

Elle montera sur scène pour « la première fois » le 24 septembre aux Muzikelles de Meaux. Je serai derrière. Caché et vaguement fier. Parce que là, Mesdames et Messieurs, on a fait du bon boulot. Un putain de bon boulot.

Je vous laisse, j’ai promis à la marmaille d’aller capturer quelques batraciens du côté de la rivière.